Les Frontonnais se sont réunis ce jeudi 11 novembre devant le Monuments aux Morts pour célébrer le 103e anniversaire de l’Armistice de 1918 et pour honorer la mémoire des Morts pour la France.

La cérémonie a eu lieu en présence des représentants des associations d’anciens combattants, de M. Jean-François Portarrieu, député de la Haute-Garonne, de M. Guillaume de Almeida Chavez et Mme Charlotte Boudard, conseillers régionaux, de Mme Karine BARRIERE, conseillère départementale, des membres du Conseil municipal de Fronton et de M. Hugo Cavagnac, Maire de Fronton et Président de la Communauté de communes du Frontonnais.

Y ont participé aussi le Lt. Matthias Garnier, commandant de la Communauté de brigades de Gendarmerie de Fronton, le Lt. Michel Paban, chef du Centre d’incendie et de secours de Fronton, et M. Julien Candeil, chef de la Police municipale de Fronton.

Comme chaque année, les enseignants des écoles, les animateurs du Service Enfance et, bien sûr, les élèves étaient présents, tous comme l’étaient les musiciens de l’Orchestre d’Harmonie du Frontonnais.

Après la cérémonie des couleurs, M. Alexandre Thuet-Balaguer, élève en terminale au lycée de Fronton, a témoigné au nom de ses camarades de l’importance et de la signification de cette cérémonie pour les jeunes de son âge.

Les prises de parole de M. le Maire, de M. Jean-François Portarrieu, de M. de Almeida Chavez, de Mme Karine Barrière et la lecture du message de la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées par M. Fabrice Gargale, conseiller municipal, ont été suivies par le dépôt de gerbes devant le Monument aux Morts et la lecture des morts pour la France.

A l’issue de la cérémonie, M. Hugo Cavagnac a récompensé les élèves du Lycée de Fronton lauréats du concours « Bulles de Mémoire » organisé par l’Office national des anciens combattants et des victimes de la guerre (ONAC-VG) dont les projets ont été exposés au Préau des Chevaliers de Malte. M le Maire a remis à chaque lauréat un exemplaire du livre Le courage de la nuance, de Jean Birnbaum, en expliquant :

« C’est avec beaucoup d’émotion que je salue l’engagement des élèves du lycée de Fronton qui, encouragés par leur professeur d’histoire, ont répondu à l’appel de l’Office national des anciens combattants et ont mis leur curiosité historique et leur talent au service du travail de la mémoire. Leurs créations, récompensées au niveau départemental et national célèbrent le courage des gens ordinaires, la solidarité humaine dans sa plus risquée et sublime expression, le refus d’accepter l’injustice souvent au prix de sa propre vie. Sans leur courage, qui doit nous servir d’exemple, notre présent serait sans doute différent.

Aujourd’hui, nous devons nous aussi faire preuve de courage, d’une nature différente et au prix de risques bien moindres. Quand nos modes de communication nous poussent à des réactions instantanées et viscérales, nous devons avoir le courage de la nuance, acquérir le réflexe de réfléchir avant d’agir, parler pour nous rencontrer plus que pour nous affronter ».

Discours de M. Hugo Cavagnac, Maire de Fronton et Président de la CC du Frontonnais

Commémoration de l’Armistice du 11 novembre 1918
Commémoration de la Victoire et de la Paix
Hommage à tous les Morts pour la France

Allocution de M. Hugo CAVAGNAC
Maire de Fronton
Le 11 novembre 2021

 

Monsieur le Député,
Monsieur le Conseiller régional,
Madame la Conseillère départementale,
Mesdames et messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les représentants des corps constitués,
Messieurs les Anciens combattants, Messieurs les portes drapeaux,
Mesdames et Messieurs les membres des familles de soldats « Morts pour la France »,
Chères Frontonnaises, chers Frontonnais,
Très chers enfants,

Nous revoilà ensemble après une longue interruption. Il y a un an, nous étions encore dans la tourmente de la crise sanitaire, obligés de nous confiner et garder les distances. Aujourd’hui, même si l’épidémie persiste encore, grâce à la responsabilité des familles, aux avancées de la science et aux efforts conjoints de tous, soignants, enseignants, commerçants, agents…, nous pouvons enfin nous retrouver pour commémorer ensemble ce moment fondateur de notre histoire républicaine.

Aujourd’hui, nous comprenons ô combien mieux le sens profond de cette cérémonie. En nous réunissant ici et maintenant sur la place du village, elle nous unit chaque année un peu plus, nous rapproche les uns des autres, enfants, parents et grands-parents, amis et voisins, élèves, enseignants, animateurs, agents municipaux, habitants et élus. Chaque année, le 11 Novembre, nous remémorons le passé.

Ce faisant, nous retissons les liens qui font de nous tous un village, une collectivité nationale, un pays.

Chaque année, ce passé que nous commémorons s’éloigne un peu plus… Hubert Germain, dernier Compagnon de la Libération, symbole du courage, de l’engagement et de la fidélité à la patrie, rejoint aujourd’hui ses camarades au Mont Valérien. Il est parti, mais il est de notre devoir de garder vive sa mémoire et honorer son exemple.

En effet, plus la distance se creuse, plus notre devoir de mémoire est crucial.

Il est d’abord indispensable de connaître le passé. Nos enseignants en sont les passeurs privilégiés. Ils nous apprennent l’importance de la rigueur historique et du respect des preuves, ils nous donnent les clés pour comprendre le sens profond et souvent douloureux des faits historiques. Ainsi, les noms inscrits sur notre Monument aux Morts ne sont pas qu’une liste de noms, mais bien des briques de notre édifice républicain.

Ces noms, nous ne devons jamais oublier de les lire et de les relire au moins une fois par an. Car oui, il est indispensable de se souvenir. Ne pas oublier, c’est maintenir le lien entre le passé et le présent et préserver nos racines pour donner ses chances à l’avenir. Bien connaître son histoire, en garder le souvenir, c’est veiller à la solidité de l’édifice républicain et à la santé de ses fondations.

Il est d’autant plus important aujourd’hui de bien connaître son histoire et l’honorer comme il se doit, car nous vivons à l’heure de la « post-vérité », où chacun déclame « SA vérité » sur les réseaux sociaux sans le moindre souci pour la véracité des faits ou pour la pertinence des arguments, en mesurant sa force uniquement en nombre de partages et de pouces levés. Nous en faisons trop souvent l’expérience, ces réseaux délitent nos liens, creusent les distances, radicalisent les propos et aggravent nos divisions…

Mais nous ne sommes pas démunis devant ces multiplicateurs virtuels de la haine et des faux-semblants, loin de là.

Aux réseaux virtuels, nous devons répondre par des liens réels, par des rencontres face à face, par des amitiés authentiques, par des célébrations en présence, comme nous le faisons ce jour.

Durant la Grande guerre et dans tous les conflits auxquels notre pays a pris part, des soldats et des civils ont donné leurs vies pour que notre vie présente soit pacifique et démocratique. Commémorer ensemble leur sacrifice, c’est plus que leur rendre juste hommage, c’est leur permettre de nous rendre chaque année ce beau cadeau de l’être-ensemble, pour de vrai.

Connaître, s’en souvenir, commémorer, est à mon sens un devoir citoyen de premier ordre. Aussi, c’est avec beaucoup d’émotion que je salue l’engagement des élèves du lycée de Fronton qui, encouragés par leur professeur d’histoire, ont répondu à l’appel de l’Office national des anciens combattants et ont mis leur curiosité historique et leur talent au service du travail de la mémoire. Leurs créations, récompensées au niveau départemental et national, que vous pourrez admirer après cette cérémonie, célèbrent le courage des gens ordinaires, la solidarité humaine dans sa plus risquée et sublime expression, le refus d’accepter l’injustice souvent au prix de sa propre vie. Sans leur courage, qui doit nous servir d’exemple, notre présent serait sans doute différent.

Aujourd’hui, nous devons nous aussi faire preuve de courage, d’une nature différente et au prix de risques bien moindres. Quand nos modes de communication nous poussent à des réactions instantanées et viscérales, nous devons avoir le courage de la nuance, acquérir le réflexe de réfléchir avant d’agir, parler pour nous rencontrer plus que pour nous affronter.

Aujourd’hui, nos Morts pour la France nous réunissent. Célébrons-les pour de vrai en prenant le courage d’être véritablement ensemble. 

Vive la République !
Et Vive la France !

Message de Mme la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées

Message de Mme Geneviève DARRIEUSSECQ, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des Anciens combattants à l’occasion de la Journée nationale de commémoration de la Victoire et de la Paix, Hommage à tous les « Morts pour la France »

Liste des Morts pour la France, 11 novembre 2021.

Intervention de M. Alexandre THUET-BALAGUER, élève au Lycée de Fronton

Monsieur le Député,
Madame la Conseillère Régionale,
Monsieur le Conseiller Régional,
Madame la Conseillère Départementale,
Monsieur le Maire,
Mesdames et Messieurs les Membres du Conseil Municipal,
Messieurs les Présidents des Associations d’Anciens combattants,
Mesdames et Messieurs les Enseignants de l’Ecole élémentaire, de Collège et de Lycée,
Mesdames et Messieurs,

Il y a des dates qui résonnent comme des cris qui percent la nuit. Le 11 novembre 1918, à la 11ème heure du 11ème jour du 11ème mois de la 4ème année de la Première guerre mondiale, les sonneries des clairons et les paroles des agents de liaison s’envolèrent pour clamer la fin d’un désastre.

En cette même journée, depuis 1920, un soldat inconnu, censé incarner tous les autres, est célébré, et, depuis 1923, une flamme illumine le parvis de l’Arc de Triomphe. Néanmoins, d’un point de vue symbolique, cette flamme est bien plus grande. A l’effusion de joie, d’espoir, d’ardeur, s’est ajoutée le devoir du souvenir, de la mémoire. Au-delà des traditionnelles, mais primordiales, cérémonies républicaines, des individus, pour qui la nation française représente avant tout une conscience commune, un avenir à décider ensemble et un idéal de liberté, se l’approprièrent. Ce fut vrai pour les résistants du 18 juin, des mouvements intérieurs ou du quotidien, qui organisèrent et participèrent à des cérémonies à Londres, ou bien en France, occupée ou dite libre, dans le secret et la nuit, mais éblouis par la lueur de leur courage. Sans doute fut-ce pourquoi la résistance, des communistes aux gaullistes, de Prosper et son fils Guy Môquet à Jean-Louis Crémieux Brilhac et Hubert Germain, dernier compagnon de la libération, inhumé ce matin au Mont Valérien, se battait.

Après 1945, la cérémonie se perpétua chaque année, mais avec une ampleur toujours plus significative, et malencontreusement, surtout pour les familles. Il était impossible de ne pas assimiler ces soldats français morts, de l’Indochine au Mali, de l’Algérie à l’Afghanistan. Formellement, 2011 marqua la concrétisation de cet esprit, avec l’ajout aux commémorations du souvenir des Opérations extérieures, mais tacitement, de tous les soldats français, en activité ou pas, d’ailleurs.

Finalement, le message de 1918 s’est sublimé de nos jours. Ce memory boom, cette “explosion du devoir de mémoire” selon les historiens, a été entrepris par toutes les catégories d’âge, dont la jeunesse, qui n’hésita pas à protester contre la férule nazie, le 11 novembre 1940. Cependant, de l’esprit de 1918, subsiste non pas la joie, mais surtout l’espoir, l’espoir d’un monde paisible, de coopération entre les peuples, d’un monde meilleur.

En dernier lieu, je vous convie à visiter l’exposition « Bulles de mémoire », qui rassemble les travaux primés des élèves de notre Lycée lors de ce concours de bandes dessinées historiques.

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